lundi 30 août 2010

Enfin officiel!

Le texte: les mots de mes jumeaux constitue le premier texte officiel de ce nouvel espace.

Eh oui!, j'ai enfin terminé de transférer les textes de mon ancien blogue. Je suis sursaturée et n'en peux plus de me lire, de me demander si tel ou tel texte vous sera utile ou saura vous faire sourire. Je n'en reviens pas non plus de constater à quel point j'ai décrit les moindres mots, sourires, ou premières extraordinaires de mes petits génies dans la dernière année!

Mais surtout, je vous remercie d'être encore là, fidèles derrière vos écrans. Je poursuis donc nos aventures dans ce nouveau blogue. Je n'ai pas transféré tous mes textes puisque je désirais être le plus pertinente possible pour les futurs, nouveaux ou actuels parents de jumeaux, mais si vous pensez que l'un d'eux manque à l'appel, je vous en prie, écrivez-le moi. Également, je n'ai pas transféré vos commentaires même si ça me fait beaucoup de peine... Écrivez-en de nouveaux, vous savez qu'il me fait toujours plaisir de vous lire.

Sur ce, bonne lecture et surtout, n'oubliez pas d'actualiser vos signets!!

Les mots de mes jumeaux

…qui grandissent et articulent de plus en plus. Avant qu’ils arrêtent de les employer, je me dois de consigner pour vous toutes ces expressions rigolotes qu’ils emploient avec un si beau naturel.
Vous connaissez déjà les moufis (fourmis) mais saviez-vous qu’ils demandent maintenant : « do lait poplait! » et veulent parler au «phone-sonne »?
Quand ils tombent, les jumeaux commentent : « Jolien bombé! » ou « Antoi’ bombé !». Julien ajoute parfois : « J’ai mal… c’est mieux ! ». Tout en continuant de pleurer ce qui nous rend immanquablement sceptique quant à la deuxième partie de l’affirmation.
Le matin quand j’entre dans leur chambre, ils sont debout sur leur coffre à jouets, la tête sous le rideau et observent les voisins qui promènent leur chien. Avant même de regarder, je sais qui passait dans la rue puisque les enfants commentent : « Zia, un chien, allôôôôôô! Jappe, douuuuuux, un chien? ». Sans remords aucun, ils descendent ensuite de leur perchoir et m’aperçoivent : « Dodo fini? ‘veillé, maman? Bonjou’! »
S’ils sont mis en punition, ils croisent les bras en une pâle imitation de leurs parents et grognent : « Douzou’ » puisqu’ils pensent à LA fois où nous leur avons expliqué qu’il y a toujours des avions et des oiseaux dans le ciel. Parfois, c’est « tou’ suit’ » qu’ils marmonnent dans leur coin puisqu’ils entendent de plus en plus : « Viens ici tout de suite ».
Julien possède un « vaval » (un cheval) et tous deux font une fixation sur le « coya » (le chocolat) presque égale à la passion qu’ils manifestent quand vient le temps de « ‘couter Diego, yéééé! ».

La honte

D'abord publié le 08-07-10

Je n'ai jamais compris les gens qui avaient honte des propos de leurs enfants en public. L'exemple classique: une famille dont les membres ont la peau plus foncée arrive dans le champ de vision de notre progéniture qui crie: Hum, bon chocolat! Je me disais que si ça m'arrive un jour, ça ne m'embêtera pas du tout parce que je sais que les gens concernés seront capables de faire la part des choses.

Mais aujourd'hui, Julien m'a prouvé qu'il ne faut pas juger avant de vivre l'expérience par soi-même. Ses propos m'ont réellement gênée et je me suis sauvée avec mon carosse d'épicerie en regardant ailleurs.

C'est qu'il a vu un beau petit garçon d'environ 8 ou 9 ans qui enlevait son chapeau d'un air soulagé. Sous son chapeau, la chimio avait fait son oeuvre et il arborait le crâne caractéristique de ces enfants qu'on aurait le goût de serrer dans nos bras en leur disant: lâche pas!

Au lieu de ça, mon beau Juju a lancé un joyeux: Caillou!!!!

1=zéro


D'abord publié le 21-06-10

En fin de semaine, je jasais avec ma belle-soeur Caroline et elle m'a fait prendre conscience que c'est plutôt drôle, mais pas surprenant, que mes jumeaux ne comprennent pas le chiffre un . Ils ne sont jamais un, on leur parle toujours au pluriel, on prépare tout en double. Le mot un a tout simplement pris le rôle d'un déterminant dans leur langage. Un biberon, un chien, un frère, un 2-3-4.

C'est comme les premiers mois après leur naissance, lorsque tout était tellement au pluriel qu'on avait même du mal à parler des singletons des autres au singulier.

Pour nos deux coquins, tout commence donc à 2; le 1 devient forcément le nouveau zéro!

Coeurs sensibles, s'abstenir

D'abord publié le 11 juin 2010

Doigt amoché, économie de mots forcée.

Samedi 9h20 Pressés, nous travaillons sans gants. En replaçant une grosse roche par terre, je calcule mal les distances et elle m’écrase la main contre la jolie pierre que nous tentions de récupérer.

Ton banal:

Je pense que je me suis cassée le doigt.

Pascal, le même ton :

Je pense aussi.

Connaissance inutile de l’anatomie de mon majeur. Respirer. Marcher. Respirer. Marcher. Douleur. Respirer. Culpabilité. Rester debout. Avancer. S’asseoir dans l’auto. Obéir à Pascal. Respirer. Lever ma main. Ne pas crier devant les enfants. Respirer. Ne surtout pas m’évanouir. Reculer le temps.

C’est moi qui dois choisir l’hôpital. Charles-Lemoyne pour son unité trauma. Non, Pierre-Boucher, c’est plus près. Hésitation. Il faut aller porter les enfants avant. Je choisis Charles-Lemoyne mais Pascal est déjà en direction de Pierre-Boucher.

État de choc. Respirer. Compter. Ne pas penser. Ne pas regarder. Crier enfin. Respirer. Honte.

À l’urgence, on m’installe dans une chaise roulante et me pose des questions sur mon état de santé. On me brusque un peu. On dit que c’est ma faute si je me sens si mal ; j’ai trop respiré et j’hyperventile. Ironique. On me couche ensuite sur une civière et me pose des bandelettes mouillées sur les doigts. Je suis en P2. Priorité 1 étant pour les arrêts cardiaques.

Le personnel me regarde, les patients m’observent. Je ne peux me retenir de pleurer. Je ne pourrai plus m’occuper de mes enfants. Personne ne nous dit rien.

Je dois être trop dramatique. On me transfert dans une petite salle. J’y patienterai cinq heures sans analgésiques. À revivre la pierre qui m’écrase la main. Mes problèmes après l’accouchement. À essayer de m’imaginer sur la plage à Zanzibar. Les doigts trempant dans un bol d’eau saline. Des braises parcourant sans répit ma main.

15h00 Le médecin arrive. Avec lui…la morphine… Pauvres patients qui attendent. Merci de faire ma radio. Le préposé est tellement gentil. Il n’y a pas de fracture. Merci de vous occuper de moi. Pascal est tellement patient. Merci tout le monde…

C’est le temps de nettoyer la plaie et de recoudre. Je ne gèle pas. On m’injecte la quantité maximale d’anesthésiant. Je suis engourdie mais je sens tout. On touche mon tendon (intact par miracle !), on nettoie, on irrigue, on retire les petits morceaux de roches, on débride, on recoud. La douleur est indescriptible tout ce temps. Je mords dans un linge.

De 9h45 à 16h00, les médecins n’auront traité que des arrêts cardiaques, fait une intubation… et reconstruit mon ’’petit’’ majeur. Les autres ont seulement été vus par l'infirmière. La salle d’attente était bondée. C’est trop fou!

16h00, je ressors enfin de l’urgence avec l'interdiction formelle de changer les couches et deux marionnettes à doigts pour amuser mes bébés.

Antoine et Antoine

D'abord publié le 08-06-10

Lorsqu'Antoine veut appeler Julien, il crie: Annnnnnnntoi!
Et Julien se retourne.
Le montant que va nous coûter la psychanalyse de ces enfants dans quelques années! J'aime mieux pas y penser...

Compost, prends ton envol!


D'abord publié le 17-05-10

Je sais que suivre les péripéties de mon compost peut sembler légèrement trivial, voire inintéressant en comparaison avec les tribulations fantastiques de ma progéniture. Détrompez-vous braves gens, et préparez-vous dès l'instant à des révélations choc!
Tel un Pasteur avec ses vaches, un Archimède devant son pommier, ou encore un Einstein jonglant avec ses neutrons, je conduis depuis trois ans, de fascinantes expériences avec mes déchets domestiques.
J’arrive tout juste du premier brassage du printemps où j’ai constaté la réussite totale et absolue du tas # 642 B annexé au tas #438 A. En d’autres termes, ce que je nomme plus prosaïquement mon compost lent est maintenant mature et prêt à l’épandage. J’avais cessé en juillet 2009 de nourrir mon bébé euh, le tas #642 B au profit du 438 A afin de tester ce qui se décomposerait ou pas.
Je devine que vous n’en pouvez maintenant plus d’attendre et ne voulant aucunement risquer d’avoir des lecteurs aux ongles rongés, je vous livre les conclusions incroyables auxquelles j’en suis arrivée. Tout, absolument tout a réussi à se décomposer. Je n’ai même pas eu besoin du tamis à compost de la fête des Mères! Tant mieux d’ailleurs puisque les garçons m’avaient en fait cueilli des fleurs et fait un magnifique dessin.
Les sacs de couches Moltex font de petites miettes blanches et les noyaux d’avocats les plus jeunes ont eu besoin d’être légèrement écrasés entre nos doigts, mais c’est tout.
Et maintenant, tremblez voisins et ville de Ste-Julie, les murs de ma prison à compost croulent sous les déchets domestiques parfaitement valorisés et une magnifique clôture entoure maintenant notre maison. Peu importe qui était le voisin délateur qui avait obligé Papa au Carré à l’enfermer, le compost de Maman Einstein au Carré reprendra bientôt sa liberté!

Des "pas" dans la bouche

D'abord publié le 16-05-10

Plusieurs fois aujourd'hui j'ai expliqué à Julien qu'il ne faut PAS mettre de cailloux dans la bouche.

En fin de journée, Antoine est venu me voir, tout content de me montrer ses petites roches en disant: "Pas, maman, pas!"...

Celui qui a pris le temps


D'abord publié le 14-05-10

Un concombre a tué trois tri-athlètes qui s’entraînaient ce matin et en a blessé trois autres grièvement à Rougemont. S’cusez mon joual mais j’me peux pus depuis que j’ai entendu ça. Ça prend-tu un méchant concombre innocent pour faire ça !!

En même temps, je pense à un autre conducteur qui a croisé ma route en fin d’après-midi aujourd’hui. Vous n’en entendrez jamais parler ailleurs qu’ici, je pense. Il roulait tranquillement parce qu’il circulait dans un quartier résidentiel. Quand il a constaté que ma portière était ouverte, je l’ai vu décélérer encore, puis c’est là que Julien a décidé qu’il se levait de son siège et descendait dans la rue. Je me suis précipitée vers lui mais il a cru que nous jouions à Maman va t’attraper… Le conducteur s’est arrêté doucement devant Julien, a attendu que je le tire vers moi puis a pris le temps de me faire un petit signe de la main, connivence entre parents, avant de repartir… encore plus doucement qu’il était arrivé.

Quand vous entendrez parler de l’accident de Rougemont, ayez une petite pensée pour l’homme qui a pris le temps de regarder le sourire de mon fils cet après-midi.

Regard sur le livre Jumeaux: Mission possible

D'abord publié le 09-04-09

J’ai bien aimé cet ouvrage offert par ma mère à Noël. Concis, il aborde plusieurs étapes de la vie avec des jumeaux, surtout d’un point de vue parental et pratique. Il répond à plusieurs interrogations que, consciemment ou non, nous avions Pascal et moi avant que nos enfants ne se pointent le bout du nez. Par contre, le ton du livre laisse parfois penser que la catastrophe est toujours à notre porte lorsque les enfants se présentent en paires. Aussi, les exemples, les noms et le ton général datent d’une autre génération. Il reste que je le recommande sincèrement aux parents qui attendent des multiples. Il s’agit selon moi d’une publication pertinente et de surcroît, québécoise.

Je me fais un petit plaisir en vous recopiant quelques petits extraits savoureux que j’y ai pigés. Le premier représente bien l’esprit général du livre…

La journée de mon accouchement, on m’avait avertie que la première année avec des jumeaux était é-POU-vantable. À l’époque, j’avais trouvé ça plutôt inquiétant. Il est vrai que tout en tentant de rester positif devant la vie et de prendre une journée à la fois, il faut être réaliste : la première année avec des jumeaux n’est pas de tout repos.

L’auteure aurait tout aussi bien pu nous écrire : Votre mission, si toutefois vous l’acceptez, consistera à vous occuper de non pas un, mais deux bébés. Vous tenterez de les maintenir en vie sans altérer votre santé mentale (ni la leur) jusqu’à ce qu’ils soient en mesure de marcher, manger, faire leurs devoirs et baisser seuls la lunette des toilettes. Bonne chance! (Vous en aurez besoin.)

Un jumeau est heureux de découvrir sa main, et en plus, il découvre presque en même temps la main de son jumeau. Cela prend un certain temps avant qu’il se rende compte que s’il y a quatre mains, il n’y en a que deux qui dépendent de lui! Pendant la première année de sa vie, il arrive un moment où les enfants comprennent que maman est une autre personne et non une extension d’eux-mêmes. Les jumeaux doivent pousser cette notion plus loin. Le bébé qui est toujours à ses côtés, est-ce une autre personne aussi? Où finit l’un et où commence l’autre?

C’est pour ça que Julien met souvent son doigt dans le nez d’Antoine!

Dans les livres sur le développement de l’enfant, on explique que des enfants en bas âge qui semblent jouer ensemble jouent en fait en parallèle jusqu’à l’âge d’environ 3 ans. (…) Tous les parents de jumeaux à qui j’ai posé la question m’ont confirmé que leurs enfants ont interagi et joué ensemble bien avant leur premier anniversaire de naissance.

Pascal et moi ajoutons notre voix à ces écrits plein de sagesse qui prouvent que pour les chercheurs, comme pour une certaine radiologiste, les jumeaux sont une aberration de la nature. Notre opinion est plus… nuancée

À 18 mois, vous pouvez les laisser marcher et vous contenter de les prendre par la main pour les guider ou les retenir. Votre dos s’en portera mieux. De plus, courir après vos deux amours vous aidera à entretenir la forme et la santé.

Ce commentaire me laisse perplexe, on ne sait trop s’il vise à nous encourager ou à nous décourager… Par contre, celui qui suit décrit mes matins depuis que mes fils savent marcher.

Pendant la petite enfance, le parent doit lui-même habiller les deux enfants avant de sortir. Il est fort possible qu’ils partent dans des directions différentes dès qu’ils passeront la porte. La notion de danger est inconnue pour les enfants de cet âge. Ils se dirigeront probablement vers la rue dès que vous aurez le dos tourné. Vous aurez à en ramener un, et ensuite l’autre, sans fin jusqu’à ce qu’ils soient assez vieux pour savoir ce qu’est le danger… ou jusqu’à ce que vous clôturiez la cour.

Encore deux petites semaines avant que cela ne soit fait

Les citations en caractères gras, sont toutes tirées du livre Jumeaux : mission possible écrit par Gisèle Séguin et publié en 2009 aux Éditions du CHU Ste-Justine.