mardi 8 janvier 2013

Alors vous comprendrez

Je suis récemment tombée sur ce texte que j'avais écrit pour mes enfants il y a déjà presque deux ans, et j'avoue qu'il me parle encore. J'espère qu'il saura vous toucher aussi.

 Chaque mot qu'il contient décrit toujours ce que je ressens pour eux et je n'ai pas envie d'en changer une virgule. Je le transcris ici, c'est sûrement le meilleur moyen pour que mes fils le lisent un jour.

** Pour les curieux, oui, l'inspiration me vient de Kipling et Robert Munsch. J'adore le livre de Munsch qui m'a donné envie d'écrire ce texte. Je le lis régulièrement à mes enfants et je n'ai toujours pas réussi à le terminer les yeux secs. **

Alors vous comprendrez

Déjà dans mon ventre, mes fils, vous remuiez tellement que j'en avais du mal à me reposer.
Et pourtant, la dernière chose que je faisais avant de m'endormir,
c'était de vous caresser pour que vous sentiez mon amour.

Quand vous êtes nés, vous aviez tellement besoin de moi que je n'en dormais presque plus.
Et pourtant, la dernière chose que je faisais avant de m'allonger,
c'était de vous regarder dormir pour écouter votre souffle.

En vieillissant, vous m'épuisez chaque jour avec vos jeux et vos chicanes.
Et pourtant, la dernière chose que je fais avant de me coucher,
c'est de vous embrasser en vous disant je t'aime.

Bientôt, je le sens, vous reviendrez si tard que je n'arriverai plus à trouver le sommeil.
Et pourtant, la dernière chose que je ferai avant d'éteindre,
sera j'espère, de vous remercier d'être rentrés.

Et si un jour vous passez comme moi une nuit blanche au chevet de votre enfant malade,
et que pourtant la dernière chose que vous faites avant de souffler,
c'est de lui chanter sa chanson préférée, 


alors vous comprendrez, mes fils, à quel point je vous aime.

 

dimanche 6 janvier 2013

En deuil... de la scène

Mardi soir prochain, ce seront les auditions de ma troupe de théâtre amateur, celle dont je fais partie depuis maintenant six ans. Mes amis y seront et essaieront d'obtenir de très beaux rôles. Même ma mère espère remonter sur les planches une autre fois. C'est qu'elle a eu, elle aussi la piqûre de la scène.

Toutefois, pour la première fois, j'ai décidé que je ne m'impliquerais ni de près, ni de loin dans cette production. J'ai eu un automne intense et chargé; trop de rénos, un déménagement, un magnifique rôle, comme j'en avais toujours rêvé mais qui s'est finalement révélé très prenant lui aussi, et surtout, la santé qui vacille. Autant de raisons pour me tenir loin de ma passion, pendant quelques mois du moins.

Cependant, c'est une résolution difficile à tenir. J'ai déjà commencé à planifier mon mardi soir, question de résister à la tentation de grimper dans ma voiture ''juste pour aller dire merde aux membres qui auditionnent". La pièce choisie m'intéresse beaucoup et après avoir lu la vision du metteur en scène, je sais que j'aurais adoré travailler un personnage en particulier, passer quelques mois en la compagnie d'Anne Deever et surtout, des autres membres de la troupe.

ANNE
Une femme, début de la trentaine, qui a beaucoup de force de caractère. Elle a des convictions qui lui donnent de la force. Elle est honnête et terre-à-terre. Elle partage cependant l’idéalisme et la droiture de Chris (un autre personnage). 

Un petit deuil s'amorce donc pour moi. On parle souvent de la santé du corps, de l'importance de bien manger et de faire du sport. Pour moi, stimuler l'esprit, mener à bien des projets, travailler l'imaginaire est tout aussi important et m'apporte énormément. Je devrai maintenant trouver autre chose pour appâter mon cerveau. Dans les mois qui viennent, j'ai bien l'impression qu'à défaut de mémoriser des textes ou de préparer des maquillages de scène, les billets se feront plus nombreux sur mon blogue.

P.S. Mes excuses, depuis 48 heures, certains problèmes sont apparus dans plusieurs des fonctions de mon site. Tout semble depuis être rentré dans l'ordre.


vendredi 4 janvier 2013

L'hiver, la mer et les heures


La cour, immaculée. C'était deux minutes avant qu'on y lance deux petits monstres en raquettes!
L'hiver est magnifique cette année, vous ne trouvez pas? Comme si la saison déployait tous ses trucs d'un coup, pour nous charmer et nous forcer à l'aimer. De gros flocons presque tous les jours, un froid bien piquant l'autre nuit, qui me fait apprécier encore plus la lumière, le feu dans le noir, compagnon obligé des bas du Jour de l'an (Joie!) bien remplis. 

Les enfants ont du mal à marcher dans la cour tellement la neige a neigé ici et la pente à glisser est encore plus populaire cette année. Une seule déception pour les jumeaux, les patinoires et le lac ne sont pas encore praticables à cause du temps doux ayant précédé la neige qui nous a ensevelis. On attendra encore un peu avant d'apprendre à patiner.

Les billets pour le Sud sont achetés, imprimés et bien rangés. J'espère que la ''slush'' et le vent froid qui accompagnent traditionnellement nos printemps québécois sauront me donner envie d'une petite semaine à la mer, car pour l'instant, j'ai surtout envie de gambader parmi les flocons et les mille et un sourires qu'ils provoquent chez les jumeaux.

Je compte les précieuses heures qu'il me reste avant de reprendre le travail lundi. Je me sens toujours mélancolique lors des dernières journées de vacances, comme si j'avais oublié de profiter du congé et que j'essayais maladroitement de maximiser les derniers moments de liberté. Je ne sais trop si je dois me lancer dans la cuisine, le ménage, les bricolages avec les enfants, donner des nouvelles ou simplement, profiter des heures qui s'égrainent trop rapidement à mon goût.



dimanche 30 décembre 2012

Un papa qui blogue

Papacube

Il est marrant (parce que oui, il est français). Je le suis depuis ses tout débuts en 2010, car vous aurez deviné qu'avec un nom pareil, la curiosité de Maman au Carré était piquée! J'ai été conquise en quelques clics par un humour qui passe très bien l'Atlantique et d'irrésistibles dessins qui séduisent à coup sûr mon oeil de maman.


Que vous soyiez parentsx, tantes7, oncles5 ou grands-parents11, les chances sont grandes pour que vous tombiez vous aussi sous le charme des clins d'oeil en série de Papacube.

vendredi 28 décembre 2012

Quand le corps ne suit plus

C'est ce qui m'arrive en ce moment. Infections multiples, système immunitaire au tapis. Disons que mes projets pour le temps de fêtes ne se réalisent pas exactement comme je les avais prévus.

Je paie pour les nuits au chevet de mes garçons, le stress et l'énergie déployée pour arriver à Noël en même temps que les autres.

Quand les jumeaux sont malades, je les envie parfois; passer la journée à paresser entre le lit et le sofa, se faire servir et rester toute la journée en pyjama! Avouons que dit comme ça, on voudrait tous prendre leur place.

Mais voilà, j'y suis et ça n'a rien d'amusant, ni même de reposant. Aller me chercher un verre d'eau, c'est courir le 100 mètres. Lorsque j'ai fini de me préparer un sandwich au poulet, j'ai l'impression d'avoir attrapé, abattu, plumé, désossé et cuit la volaille moi-même. Préparer les garçons le matin, c'est l'équivalent de m'occuper d'une classe de maternelle un jour de tempête de neige.

Non vraiment, on ne m'y reprendra plus à vouloir changer de place avec eux la prochaine fois qu'ils seront malades!

lundi 24 décembre 2012

Joyeuses fêtes!

 

Joyeux temps des fêtes!

Je vous souhaite amour, santé et bonheur.

dimanche 23 décembre 2012

Mission Impossible: une bonne dose d'adrénaline

Voici le coupable!
     Samedi, 22 décembre 2012, 12h00, une petite banlieue tout ce qu'il y a de plus ordinaire...

Les enfants, encore malades, dessinent sur la table pendant que je prépare une omelette. Les oeufs sont cassés, le fromage coupé mais j'attends encore un peu avant de partir la cuisinière. Tout le monde est en pyjama, petite musique de Noël en prime et flocons de neige qui tombent doucement en arrière-plan; le portrait ne saurait être plus idyllique.

Un bruit effroyable de sirènes vient troubler ce trop rare moment de calme chez nous. 

FLASH-BACK: DEUX SEMAINES PLUS TÔT
Le technicien du système d'alarme est venu poser un détecteur de propane et m'a demandé: Alors, Maman au Carré, si la double alarme représentant une fuite de propane se déclenche, que faites-vous?
Maman au Carré: J'attrape un jumeau sous chaque bras et je sors en courant!
Le technicien: Vous pouvez prendre le temps d'arrêter la sirène extérieure!
Maman au Carré: Quelle hérésie monsieur! je veux que nos voisins viennent à notre rescousse à la seconde même ou nous poserons nos pieds nus à l'extérieur! De plus, il ne saurait être question de réfléchir à la possibilité d'une fausse alarme lorsque nos vies sont en jeu, n'est-ce pas?
Le technicien: Il est vrai que je n'en ai jamais eu avec ce bidule...       

RETOUR AU MOMENT PRÉSENT
Je me précipite donc en courant pour arrêter le *CENSURÉ* de système d'alarme, mais ne réussis qu'à couper l'alarme extérieure (évidemment!). Le bruit aigu qui nous perce les oreilles en continu lui, me semble aller en augmentant. Les jumeaux me demandent pourquoi nous ne sortons pas puisque c'est une alarme. Ouin... pourquoi donc?? Parce qu'il n'y a pas la moindre petite odeur de gaz!! C'est la première chose que j'ai vérifiée.

Je cherche frénétiquement le numéro de téléphone de notre compagnie de sécurité, peine perdue, le bruit me fait perdre tous mes moyens. Heureusement, ils me téléphonent quelques minutes plus tard (j'espère que ce n'est pas standard comme délai!), mais ne réussissent ni à arrêter la sonnerie résiduelle, ni à m'expliquer comment faire. Je dois pour cela contacter mon technicien. Que je ne réussis pas à rejoindre. Ni Papa au Carré d'ailleurs...

Je demande donc aux garçons de s'habiller pendant que je tourne en rond à la recherche d'une solution. Éteindre l'électricité? Aucun effet, ça donne seulement une raison de plus à Antoine pour ne pas s'habiller. Coups de pieds dans le détecteur? Hum, un peu drastique, mais pas à exclure totalement. Deuxième coup de téléphone inutile à la centrale.

Au moins, les jumeaux jouent maintenant dehors et n'entendent plus le bruit qui rendrait tout, et n'importe quoi hostile. Je songe sérieusement à m'habiller et aller dîner au resto avec ma tribu quand le téléphone sonne. Papa au Carré.

J'explique la situation. Je l'entends presque douter de mon aptitude à exécuter calmement ce qu'il me dictera. D'ailleurs, en entendant mes inflexions frisant la panique, il menace un instant de faire la mission à ma place... à son retour dans 30 minutes. Pris de pitié devant ma détresse, il consent à expliquer: Tourne le boitier d'un quart de tour dans le sens anti-horaire.
J'essaie de mobiliser rapidement le peu de confiance et de ressources manuelles que je possède.
Il continue: Tu devrais voir un paquet de fils, arrache-les. Non, commence par le fil rouge seulement.
Une petite goutte de sueur me perle sur le front: Je ne risque pas de tout faire exploser si c'est le mauvais fil? Ou de m'électrocuter? Ou de tout briser?

Semblerait que je ne cours aucun risque. Je défais donc le ruban électrique qui protège le fil rouge, prends une respiration et tire d'un coup sec. L'alarme que j'avais arrêtée repart de plus belle et le téléphone est coupé. Ça y est, j'ai échoué, ça devait être le fil vert. Je cours en priant entrer mon code et constate avec fierté que, si le téléphone est toujours coupé, le silence est revenu dans la maison verte! Je réussis même à remettre en fonction le téléphone.

 C'est tout de même beaucoup trop d'émotions à gérer pour moi. J'aspire maintenant au calme et à la sérénité qui caractérisent si bien notre famille (euh... mettons).

Disons que depuis, les mots ''Mission Impossible'' sont à jamais rayés de ma liste au Père Noël, j'ai eu ma leçon cette année. Par contre, avant ma camomille, je connais un certain technicien qui me doit quelques explications...

jeudi 20 décembre 2012

Détours

Je viens de prendre conscience que je fais des détours pour ne pas passer devant notre ancienne maison... Au début, je le faisais seulement lorsque j'avais les garçons avec moi et maintenant, j'emprunte une rue moins directe à chaque fois. :) Entendons-nous, comme notre ancienne demeure est à quatre maisons d'ici, ça n'a aucune incidence sur mon budget d'essence, évidemment!

Tout à l'heure, j'ai empoigné ma nostalgie à deux mains et pris le chemin le plus court pour rentrer chez moi. C'est drôle, nous avions repeint la devanture couleur ''crème" et c'est ce qui avait déclenché  l'avalanche de visites menant à la vente. Cependant, nous n'avions jamais complété le reste de la maison qui est encore d'un jaune que je qualifierais de ''assez vif'', les nouveaux propriétaires nous disant qu'ils avaient d'autres plans. En attendant la concrétisation des dits-plans et avec la neige et les feuilles qui sont tombées, le contraste entre le côté et le devant est... plutôt violent.

Je vais continuer à emprunter des détours mais cette fois, le nostalgie n'y est pour rien. C'est plutôt une question d'orgueil mal placé!

dimanche 16 décembre 2012

Séparés... ensemble??



Les inscriptions pour la maternelle sont pour bientôt et avec elles, la grande question des parents de jumeaux. Séparer ou ne pas séparer.

La décision n'est pas anodine. Séparés trop tôt, certains jumeaux en viennent à développer une relation trop fusionnelle et ne se préoccupent que de ce qui arrivent à leur moitié. Gardés ensemble, ils n'arrivent parfois pas à prendre leur place ou, au contraire, en viennent à ressentir un manque de liberté. Je simplifie ma réflexion, mais vous vous doutez bien qu'une foule de choses sont à prendre en considération. Ce sont néanmoins deux des scénarios que j'ai régulièrement observés chez mes élèves. Parce que oui, je suis enseignante, donc j'en ai vu passer des jumeaux, jumelles, ensemble et dans des classes ou des niveaux différents!

Pourtant, quand je parle à des intervenants scolaires; direction, secrétaires, éducatrices ou enseignantes, tous semblent avoir une idée unique de ce qu'il convient de faire avec des jumeaux. Soit ils croient fermement qu'il faut les séparer, soit qu'il faut les garder ensemble jusqu'à un certain niveau. Campés sur leurs position, peu d'acteurs du milieu de l'enseignement semblent penser qu'il faut regarder les besoins des enfants et leurs stades de développement.  Pour en savoir plus.

Lorsqu'on pose la question à savoir pourquoi certains couples de jumeaux ont été gardés dans la même classe, j'entends souvent que c'est à cause des pressions des parents et qu'il faut travailler très fort pour les convaincre de séparer les enfants! Pardon?? À chaque fois, j'ai une réaction de découragement. L'anxiété, l'angoisse, les problèmes de concentration, la situation familiale (déménagement récent, séparation, arrivée d'un nouvel enfant), les problèmes de développement global. Ce sont toutes des situations qu'il faut savoir considérer lorsqu'on ne place pas les jumeaux dans des classes différentes. Pourtant, c'est triste à dire, mais plusieurs enseignants, (par ignorance j'ose espérer) aiment mieux séparer, parce qu'un couple de jumeaux peut être plus... difficile à gérer dans une classe. Ces enseignants sont très compétents lorsque vient le moment de parler de difficultés d'apprentissage et du comportement, cependant, parce qu'avoir un jumeau ce n'est pas un problème en soi, ils ne prennent pas le temps de s'informer sur la gémellité et leurs implications.

Bref,  nous nous retrouvons devant toute une décision à prendre, les arguments du milieu scolaire n'arrivent pas à me convaincre et ce ne sont pas Antoine et Julien qui nous aideront puisqu'ils changent d'idée tous les jours. Comme cela m'arrive de plus en plus souvent, c'est vers d'autres mamans de jumeaux que je me tourne. Notre décision n'est pas arrêtée à 100%, mais pour l'instant, puisqu'ils fonctionnent bien ensemble, que le développement de l'un aide plus qu'il ne nuit à l'autre, nous pensons qu'ils seront mieux ensemble, l'année prochaine. L'école est ouverte à notre choix pour la maternelle.

Et l'année prochaine, combien de mes anciens collègues tenteront de me convaincre qu'Antoine et Julien seront mieux dans des classes séparés? Les paris sont ouverts!